The Banner Saga, une épopée pour la survie

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C’est l’histoire d’un monde où cohabitent deux races : les Hommes et les Varls, des géants à la durée de vie gigantesque. Alors que les anciens Dieux qui ont créé toute vie ont disparu d’un jour à l’autre, ces deux peuples se sont unis pour contrer une menace commune : les Dredges, une sorte de golems redoutables en armures de pierre. Leur union leur a ainsi permis de repousser l’adversaire vers le nord et c’est ainsi que la guerre s’acheva, marquant la collaboration étroite des deux races pour les générations futures. Mais un jour le soleil disparu sans raison, signant ainsi la première étape d’une nouvelle grande guerre qui pourrait bien être la dernière…

 

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Le pitch du jeu et son ambiance nordique m’ont directement séduis, d’autant plus quand j’ai su que c’est un RPG indépendant créé par des anciens de Bioware. Et on ressent l’influence de ses créateurs dès les premiers instants en découvrant cet univers au background très riche et surtout la construction du jeu axée autour des dialogues à choix multiples qui influencent le cours de l’aventure. Des décisions qui ont un réel impact en jouant avec la vie ou la loyauté de plusieurs personnages clés, avec des conséquences pouvant se faire ressentir jusqu’à la dernière partie du jeu. Il faut néanmoins préciser que comme un certain Mass Effect la fin du jeu n’est pas influencée par ces choix mais par une décision ultime, mais ce n’est pas bien grave car ici il s’agit d’un véritable voyage aux variantes propres à chacun.

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Mais venons-en au coeur du jeu. Nous avons là un Tactical-RPG qui fera plaisir à ceux qui aiment la stratégie méthodique, puisqu’il n’y a aucun facteur aléatoire dans les actions et les statistiques. Chaque unité dispose d’une jauge d’armure et d’une jauge de vie qui fait aussi office d’attaque, autrement dit plus un personnage a été blessé moins il sera puissant. Le tout s’opère via des règles simples à comprendre, à base de soustraction de chiffres, mais est bien plus profond qu’on le croit grâce à tout un tas de subtilités comme des points d’action bonus en nombre limité, et bien entendu des compétences propres à chaque classe. Mieux, en plus des humains on doit gérer aussi des Varls qui sont plus délicats à déplacer vu qu’ils prennent 4 cases au lieu de 1. Sachant qu’un allié ou un ennemi ne peut pas traverser une autre unité, les placements en deviennent extrêmement importants.

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Il faut bien sûr compter sur une gestion assez simple mais efficace de ses unités : il y a des points à octroyer pour en faire monter une d’un grade, et si une d’entre elle est tombée au combat elle ne sera plus disponible pendant quelques « jours » de jeu. Bon, pas de panique : non seulement les journées passent très vite, et la difficulté est réglable à tout instant en cas de problème. Car le mode normal propose un challenge bien relevé au premier run où on ne gère forcément pas très bien son équipe : il suffit d’avoir misé tous ses points sur un personnage et que celui-ci meure ou quitte le groupe pour qu’on se retrouve avec un fameux trou dans l’équipe à combler par un niveau 1. Ça m’est arrivé plusieurs fois, à tel point que le combat final m’était rendu impossible et j’ai dû achever le tout en mode facile. Je regrette qu’on n’ait pas plus d’indices sur les conséquences de nos choix, ce qui met parfois en jeu la vie d’une unité sur un coup de poker.

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Et en parlant de jours de jeu, j’en viens au troisième système : la gestion de sa troupe. Car l’histoire nous place alternativement aux commandes de deux caravanes de voyageurs accompagnés de guerriers qui traversent tout le continent. Il faut ainsi gérer le stock de nourriture pour éviter que votre groupe meure, mais aussi son moral en marquant des jours de repos régulièrement et en résolvant des situations scénarisées avec d’autres choix multiples. Et puisque l’argent servant à acheter des vivres est en fait les mêmes points que ceux à allouer au level up de vos unités ou l’achat d’objets à équiper, autant dire que chaque ration compte. En plus de ça, il y a quelques situations d’attaque entre armées où on vous propose plusieurs angles d’approche : un combat tactical-RPG plus difficile mais avec moins de perte de vos troupes, ou l’inverse ?

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Un autre point qui frappe directement est le parti pris graphique. Il s’agit de dessins fixes mis en scène de façon dynamique, un peu comme une bande dessinée interactive. Le style de dessin m’a fait penser aux BD franco-belges comme Astérix, ce qui a le mérite d’être original dans un jeu vidéo. Les phases de dialogues sont ainsi figées mais la caméra change de point de vue pour donner une impression de mise en scène. Ça marche pas mal même si je regrette du coup un manque d’illustration différentes : les personnages sont certes un peu animés mais ils ne changent jamais de posture. En revanche les combats ont mérité plus de soin dans les animations. De manière générale on sent le manque de moyens technique mais artistiquement c’est de toute beauté avec des décors soignés et des dessins de qualité. Le tout est accompagné de quelques belles musiques qui se font souvent discrètes mais qui sonnent juste dans cet univers nordique, lesquelles sont d’ailleurs composées par le très talentueux Austin Wintory déjà connu pour ses compositions de Journey, et là tout est dit.

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A dire vrai, j’ai passé une douzaine d’heures captivantes avec ce jeu. Car je ne peux finalement pas lui reprocher grand-chose de plus ; je peux pinailler sur des chargements un peu longuets ou le très faible de nombre de dialogues doublés, mais bon le fait est qu’on a là une histoire à la fois riche, mature et touchante (avec une petite touche de fantastique), le tout enrobé d’un gameplay solide. Et rien que pour ça, ça mérite votre attention. J’ai lu sur le web qu’on l’accusait d’un rythme assez lent mais j’ai justement trouvé l’équilibre entre scénario, gestion, et combats tactiques très cohérent et réussi. Bref j’aimerais voir la suite débarquer rapidement car la fin ne conclut pas le voyage, en attendant il serait intéressant que les auteurs pensent à faire traduire le jeu car l’anglais comme unique langue pourrait en empêcher certains de vivre un voyage mémorable, et ce serait bien dommage.

 

 

– Mes images commentées –

 

thebannersaga(1)On peut mieux se rendre compte de la longueur du voyage grâce à la carte du monde qui révèle énormément d’informations sur le background du jeu.

thebannersaga(2)Des stats peu habituelles pour un RPG mais qui ont chacune leur importance peu importe la classe.

thebannersaga(3)Il faudra très souvent régler des problèmes qui surviennent au sein de votre groupe.

thebannersaga(4)Chaque passage dans un village permettra d’accéder à un marché pour refaire le plein de vivre, en plus des habituelles options de repos et de gestion.

thebannersaga(5)Les ordres d’attaque sont sommaires mais bien expliqués une fois sélectionnés.

thebannersaga(6)Admirez-moi ces dessins qui défilent au fur et à mesure du voyage.

thebannersaga(7)thebannersaga(8) Chaque début de combat propose de placer ses unités selon les règles du terrain.

thebannersaga(9)Il y a hélas très peu de scènes animées.

thebannersaga(10)L’histoire a un côté clairement mystique qui est très plaisant sans être envahissant.

thebannersaga(11)Il y a quelques combats-clés qui sont plus scénarisés que les habituelles joutes.

thebannersaga(12)Attention à ne pas bloquer vos troupes car elles doivent se contourner.

thebannersaga(13)Un bon conseil pour votre premier run : concentrez vos ressources sur les personnages principaux dans l’histoire.

thebannersaga(14)On se rend compte de la richesse du background à chaque visite de pierre divine qui se trouve sur la route.

thebannersaga(15)Les archères sont assez mauvaises au début du jeu mais une fois bien boostées elles seront meurtrières à condition qu’elles soient bien protégées.

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