Premières expériences Online

experiencesonline(titre)

Internet, quelle merveilleuse invention. Je me souviens à l’époque c’était un concept tout à fait obscur et je n’en voyais pas l’intérêt, tout jeunot que j’étais. Sauf pour une application particulière : le jeu ! Alors qu’être gamer se résumait à jouer dans son coin et d’inviter occasionnellement des potes pour des sessions multijoueurs, pour la première fois il était possible de jouer avec des inconnus à l’autre bout du monde ! C’est quelque chose d’acquis aujourd’hui mais en ce temps-là c’était incroyable !

 

Mais il a eu du chemin à parcourir avant d’arriver aux modes online que nous avons aujourd’hui, avec leurs serveurs à plusieurs dizaines de joueurs, les MMORPG, les réseaux sociaux intégrés, le chat vocal, ect… Au début c’était loin d’être aussi complet et efficace, mais je garde un souvenir très ému de mes premières expériences en ligne gravitant autour des jeux vidéo, et j’aimerais les partager avec vous ^_^ !

 

 

Ma toute première partie online
C’était en 1998, on venait d’installer notre première connexion internet : un beau modem 56k directement branché sur la ligne téléphonique. Vous savez, cette fameuse connexion qui, en plus d’être affreusement lente, bloquait les appels et qui était facturée aux tarifs d’un appel bien cher. Du coup pour jouer il fallait supplier les parents et c’était par sessions de 30 minutes maximum… Et c’est ainsi que j’ai goûté à mon premier jeu online : un FPS nommé Delta Force. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un shooter tactique 3D sur de très grandes maps entièrement générées en voxels par le processeur du PC. Horrible aujourd’hui mais c’était pas trop mal pour l’époque.

experiencesonline(1)Admirez-moi ces magniques graphismes… C’était tellement pixelisé que j’avais du mal à faire la distinction entre une végétation et un ennemi à distance…

Le jeu était loin d’être bon mais me lancer ainsi dans une guerre contre d’autres joueurs avait réussi à m’émerveiller. Bien sûr vu que je n’avais que très peu de temps de jeu accordé je n’avais jamais le temps de m’améliorer et c’est ainsi que je passais mon temps à me faire tuer sans comprendre vraiment pourquoi mais peu m’importait : c’était juste magique.

experiencesonline(dessin1)

 

 

 

Une bibliothèque infinie !
Je dévie un peu du sujet pour vous parler d’un autre genre d’expérience : ma découverte des roms traduites. En effet, la fin des années 90/début 2000 marque l’arrivée des premières communautés sur le web et parmi elles : les équipes de traductions bénévoles. Internet a ainsi permis de faire collaborer des traducteurs amateurs entre eux pour arriver à patcher des roms complètes de RPG NES et Super NES, entre autres, afin que tout soit en français ! Et vu qu’à cette période je ne comprenais pas l’anglais, et encore moins le japonais, ces équipes m’ont fait découvrir des monuments comme les premiers Final Fantasy, Seiken Densetsu 3, Breath of Fire 2, Bahamut Lagoon, ou encore Chrono Trigger.

experiencesonline(7)J’ai un souvenir ému de Bahamut Lagoon traduit en français, mon premier Tactical-RPG, et quel jeu mes amis, quel jeu ! Sans internet, je n’aurais jamais connu cette merveille.

Un travail artisanal de passionnés et ça fonctionnait très bien, bravo notamment à Terminus Traduction qui a fait le meilleur boulot en ce temps-là, et qui existe encore et continue de traduire de bons jeux.

experiencesonline(16)Et hop, un peu de pub pour mes héros !

Petite anecdote pour terminer ce point : les roms Super NES pesaient entre 1 et 4 Mo et à ce stade c’était plutôt gros puisqu’avec la connexion 56K il fallait être patient pour terminer le téléchargement (6ko/sec max !). C’était le temps où on chérissait chaque fichier !

experiencesonline(dessin2)

 

 

L’arrivée bénie du câble !
Mais jusqu’ici Internet restait une vaste blague. Ce n’est qu’avec l’arrivée du câble ou de l’ADSL qu’on a enfin compris la révolution que c’était, car cette fois il n’y avait plus de limite : vitesse enfin acceptable et tarifs enfin abordables.  J’ai ainsi été libéré de la torture du 56k en l’an 2000, et ça a tout changé. Mon premier jeu découvert avec ce miracle aura été Counter-Strike, dans sa version Beta 6 et 7, encore loin de la version 1.6 ou même 1.0. Mais déjà à l’époque c’était un FPS fantastique à la précision impardonnable mais au gameplay très gratifiant en équipe. Rendez-vous compte : jouer en groupe était justement quelque chose d’inimaginable à peine quelques années auparavant !

experiencesonline(14)experiencesonline(5)experiencesonline(9)Eh oui, voilà le CS de l’époque, alors ne vous plaignez pas des graphismes moyens de CS:GO !

J’ai découvert peu de temps après le fameux Quake 3 auquel j’ai beaucoup joué mais tout de même moins que CS. Puis vinrent Red Alert 2 et Warcraft 3 qui m’ont fait découvrir la compétition online alors que j’avais toujours été habitué à jouer aux RTS contre des bots (Dune 2 et Command & Conquer).

experiencesonline(13)Quelle claque à l’époque ce Red Alert 2, j’étais un vrai accro au mode online.

Il aura fallu attendre encore un peu de temps avant de voir débarquer des logiciels de communications vocales assez légers pour pouvoir être utilisés en même temps que le jeu. Skype existait déjà mais était beaucoup trop lourd, tandis que le fameux MSN Messenger avait une qualité médiocre. Au final on se contentait du chat écrit ou la VoIP intégrée aux jeux quand c’était possible.

 

 

Ma première dose de dro… euh MMORPG !
Je n’ai pas commencé les MMO avec World of Warcraft comme la plupart des gens mais avec un petit jeu en 3D isométrique et aux serveurs limités à 200 joueurs : T4C, ou The 4th Coming ! A l’époque le réseau « GOA.com » régnait en maître en France et proposait de connecter les joueurs ensembles sur tout un tas de jeux. Mais ce réseau aura vraiment connu le succès grâce à ce fameux T4C qui était entièrement gratuit (à l’époque les abonnements étaient une hérésie), en témoignent les quelques serveurs qui étaient constamment pleins à craquer, tellement pleins qu’il fallait spammer la connexion pendant de nombreux instants pour espérer pouvoir entrer, certains n’hésitant pas à se connecter le matin avant d’aller au boulot afin d’être sûrs de pouvoir jouer en rentrant !

experiencesonline(8)experiencesonline(11)Cette bouillie de pixels a été mon monde pendant de très nombreux mois, je m’en souviens encore avec grande émotion. 

Pour en venir au jeu en lui-même, c’était vraiment un MMO basique avec très peu d’éléments scénaristiques, très peu de possibilités d’évolution du personnage, aucune race, un leveling long et pénible, des décors et ennemis ultra-répétitifs et pas de PvP (du moins sur les serveurs GOA). Le jeu est pire que n’importe quel Free To Play d’aujourd’hui, mais en ce temps-là c’était une révolution de se balader dans un monde avec pleins de joueurs connectés ! Se faire aider à XP ou progresser à plusieurs était très jouissif, mais c’était aussi l’occasion de découvrir les inconvénients de vivre en communauté : vol de drops, vol d’XP en tuant les monstres des autres, agression des noobs pour obtenir des buffs de la part des hauts-niveaux, ect… Mais je garde surtout d’excellents souvenirs de ce petit jeu, notamment lors du reroll qui accordait le statut d’être élevé avec des ailes bien classe.

experiencesonline(dessin3a)

experiencesonline(dessin3b)

experiencesonline(dessin3c)

 

Pour la petite histoire, GOA.com n’était pas très aimé de sa communauté à cause de ses nombreux plantages de serveurs et ses maintenances à rallonge : je me souviens d’une remise à niveau des serveurs qui a duré plusieurs semaines ! Service gratuit ok mais un truc pareil aujourd’hui ça aurait signé la mort du jeu. Mais malgré ça GOA connu un second gros succès : le MMO Dark Age of Camelot qui a été la première expérience de pas mal de joueurs mais je n’ai pas suivi le train en marche car je n’avais pas encore les moyens de payer l’abonnement qu’il nécessitait. Le réseau a fini par sombrer dans l’oubli avec l’arrivée des autres MMO plus modernes.

 

 

Premiers pas online sur console
Il faut bien l’avouer, les consoles ont longtemps été à la traîne sur les modes en ligne par rapport aux PC. La Dreamcast avait été une pionnière dans le domaine avec son modem 56k et ses quelques jeux cultes (Phantasy Star Online en tête) mais il aura fallu attendre la Xbox première du nom pour obtenir un réseau de qualité et centralisé.

experiencesonline(10)Voilà sans aucun doute le premier jeu online de nombreuses personnes !

Pourtant ce n’est pas avec ces consoles que j’ai fait mes premiers pas en ligne mais bien sur… Playstation 2 ! Certains d’entre vous ont peut-être connu le fameux modem à acheter à part et à greffer à l’arrière de la machine, à l’emplacement du disque dur que nous n’avons jamais eu en Europe. Il faut dire que la fonction online de cette PS2 était déjà bien démocratisée au Japon, Final Fantasy XI en était le porte-étendard dès 2001, mais ce n’est qu’en 2003 que nous, pauvres européens y ont eu droit. D’ailleurs l’absence de disque dur a rendu la fonction complètement bridée chez nous car l’installation devait se faire via une carte mémoire (lesquelles faisaient 8 Mo rappelons-le) et ça devait se démarrer avec un CD spécifique.

experiencesonline(6)Rien qu’en voyant comment ça s’installait, on comprenait vite que c’était du bricolage pas du tout prévu à la base pour la console.

C’était donc laborieux et très mal fichu, les chargements étaient abominablement longs malgré la connexion haut débit obligatoire, mais c’est tout de même comme ça que j’ai débarqué sur le mode en ligne de SOCOM premier du nom. Mais une fois passé l’émerveillement de jouer online sur une console, j’ai rapidement déchanté en constatant que ce n’était pas du tout au point et que ça lagait régulièrement tandis que la pauvre PS2 avait du mal à suivre pour fournir un netcode décent. On se plaint aujourd’hui de Battlefield 4 et ses temps de latence, mais je peux vous assurer que ce n’est rien à côté de SOCOM.

experiencesonline(dessin4)

Bref je n’ai pas vraiment rentabilisé ce modem PS2 et c’est finalement la Xbox 360 qui m’aura convaincu qu’on peut avoir du online solide sur console… à condition de payer ! C’est pourquoi en définitive j’ai toujours privilégié le PC quand il s’agissait de multijoueurs en ligne.

 

 

Ma première plate-forme communautaire
Sur PC, le jeu en ligne était déjà bien établi mais il lui manquait quelque chose qui est aujourd’hui important : une centralisation des joueurs. Car pendant longtemps tout le monde jouait sur son jeu dans son coin et les notions comme les listes d’amis, les clans ou les lieux de discussions n’existaient pas ; on se débrouillait sur MSN et les forums basiques. C’est alors que Valve a eu l’audace de profiter du succès fulgurant de Counter-Strike (alors en version 1.5) pour créer et imposer une toute nouvelle plate-forme : Steam ! Nous sommes alors en 2003.


experiencesonline(15)Steam à son lancement, c’était ça ! Et les jeux qu’on y voit étaient les seuls de son catalogue. Autant dire qu’on vient de loin.

De nos jours beaucoup vouent un culte à ce réseau, mais il faut dire qu’à l’époque tout le monde voyait ça d’un très mauvais oeil car non seulement c’était une vraie usine à gaz avec une installation laborieuse, une interface très laide et des tas de services qui ne fonctionnaient pas (la liste d’amis est restée bancale pendant des années !), mais en plus elle était obligatoire pour la version 1.6 de Counter-Strike et il est bien connu que les joueurs PC détestent avoir les mains liées. Pire, la lecture des conditions d’utilisation dévoilait que Valve se donnait les droits d’analyser tout le contenu des disques durs des utilisateurs selon son bon vouloir. Un vrai scandale à ce moment-là, mais quelque chose qui est devenu naturel aujourd’hui…

experiencesonline(dessin5)

 

Du coup la grande majorité des joueurs, moi y compris, ont fait l’impasse sur cette version et sont restés sur la 1.5 … jusqu’à ce que Valve nous piège une seconde fois en annonçant quelques mois plus tard la fin du service « WON » qui hébergeait les serveurs 1.5 ! J’ai continué à résister en abandonnant CS, mais j’ai finalement craqué en fin 2004 avec la venue d’Half-Life 2, LE gros jeu avec Steam imposé.

experiencesonline(12)Tout joueur PC ne pouvait pas résister à ce FPS attendu comme le messie (à juste titre).

Ce n’est que bien plus tard que j’ai enfin accepté ce service, d’abord par dépit mais ensuite par nécessité pour tout le bien qu’il a apporté au monde du PC : des installations faciles, le contact avec ses amis, des promos à foison, des outils de plus en plus pratiques et l’enrayement partiel du piratage. Bref je n’envisage plus le jeu PC autrement… du moins jusqu’à ce qu’un jour Valve annonce sa faillite ou au contraire annonce un abonnement obligatoire pour garder sa bibliothèque qu’on ne possède pas vraiment, mais ça c’est une autre histoire.

 

 

Mes premiers partages
Je termine cet article par une ultime expérience qui me tient vraiment à cœur : mon premier site internet. Le blog que vous lisez se nomme Jeuxmania mais c’est un hommage au vrai Jeuxmania, c’est-à-dire le site web que j’avais créé en l’an 2000. La toile était alors très différente en ce temps : les sites de jeux vidéo professionnels étaient quasi inexistants (jv.com régnait par défaut) et n’importe qui pouvait créer une page html facilement avec des logiciels très simples, voire carrément via Word. C’est ainsi que je me suis lancé très jeune dans l’aventure de la critique avec le peu de moyens que j’avais, épaulé par quelques bénévoles du web qui souhaitaient aussi partager leur passion. Ca n’avait pas de grandes prétentions et un truc pareil aujourd’hui ferait pitié, mais j’étais vraiment très content de pouvoir m’exprimer ainsi et je me voyais déjà un jour fonder ou rejoindre une rédaction professionnelle telles que je les voyais dans les magazines de jeux que je lisais fanatiquement chaque mois. Hélas gérer un site me demandait beaucoup de temps et j’avais la flemme de suivre l’évolution du web (le php, l’html5… pouah, je préférais jouer) et c’est en 2004 que j’ai décidé d’arrêter l’aventure. Et mon rêve ne s’est ainsi jamais réalisé, comme de nombreux prétendants au poste de journaliste d’ailleurs.

 

experiencesonline(4)

experiencesonline(2)

experiencesonline(3)Aller je vous offre une bonne tranche de rigolade avec les 3 versions successives de mon bon vieux site web. 2000 – 2001 – 2002. Hey, j’étais un ado à l’époque hein :-p !

Tout ça a bien changé et heureusement : en 2000 les moteurs de recherche étaient loin d’être aussi efficaces qu’aujourd’hui et si parvenait à avoir 100 visiteurs uniques par jour c’était déjà très bien ! Les blogs permettent désormais aux ignares comme moi de poster des articles sans prise de tête et avec une belle mise en avant. C’est beau le progrès ^_^ !

 

 

 

Ouf, me voilà arrivé au bout de ce gros moment plein de nostalgie ! Avec ce recul je suis émerveillé de voir le progrès qui a été accompli en à peine 15 ans. Les habitudes des joueurs d’aujourd’hui sont devenues tellement différentes depuis, et tout ça grâce à l’expansion du web. Ca laisse rêveur sur ce qu’on fera dans le futur grâce au tout connecté… Même si en parallèle de cette évolution il faudra garder une belle place aux jeux solos qui restent tout aussi importants que le reste.

 

Et vous, quels ont été vos moments forts de gamers sur internet ?

Publicités

2 réponses à “Premières expériences Online

  1. Merci pour cette enthousiasmante retro du jeu en Ligne
    Tu as été un vrai addict, perso à part une épopée sur Diablo², Jedi Knight et Ragnarock j’ai peu joué online :O
    Mais j’oublie quelques moments mémorables sur Unreal Tournament 1999

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s