Transistor, la merveille qui a sauvé mon année

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Le nouveau jeu des créateurs de Bastion ? J’ACHETE ! Cette petite pépite qui m’avait tapé dans l’œil l’année passée est resté gravée dans mes souvenirs et c’est donc avec enthousiasme que j’ai surveillé la sortie de Transistor… jusqu’à ce que la presse lui accorde une critique très mitigée, ce qui a retardé mon achat. Mais il va vraiment falloir que j’apprenne à ne plus écouter ces charlatans car j’ai failli passer à côté de mon jeu de l’année.

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Dans cette nouvelle aventure on retrouve les bases de Bastion : un action-RPG (mais je reviendrai là-dessus) en vue en biais dans un mélange de 3D et 2D, mais surtout une narration qui passe par une voix off, laquelle décrit et commente nos actions, tandis que l’héroïne reste muette. Alors que cet aspect était plutôt un choix esthétique dans Bastion, avec Transistor c’est totalement justifié par le scénario. On y incarne en effet une chanteuse très connue qui se fait un soir attaquer par un groupe de terroristes. Elle perd alors inexplicablement sa voix mais échappe à la mort grâce au sacrifice d’un mystérieux homme qui intercepte une curieuse épée lancée sur la jeune star. Ce sauveur verra ainsi son âme transférée dans cette arme énigmatique, le « Transistor », qui sera à la fois au cœur de l’intrigue et au cœur du gameplay puisqu’il s’agira de l’arme de notre protagoniste et lui offrira tout un tas de pouvoirs qui lui seront plus qu’utiles au vu de l’invasion de monstres dans la ville qui semblent être lancés après elle.

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Une beauté enchanteresse

Je vais pour une fois changer mes habitudes et ne pas vous parler directement du gameplay mais plutôt de l’ambiance du titre car c’est la première chose qui m’a frappé. Ca faisait longtemps que je n’avais pas été si séduit par tout le côté esthétique et narratif d’un jeu. A commencer par les graphismes absolument magnifiques qui marient avec brio de la 3D et des décors qui donnent une impression de dessin très détaillé. Les images parlent d’elles-mêmes. Explorer cette ville étrange est un véritable bonheur visuel tant c’est soigné et magnifiquement animé. Mais il y a autre aspect artistique quasiment aussi important : la bande-son sublime ! Une fois de plus le doublage de la voix off est très réussi mais c’est surtout les musiques délicieuses qui m’ont totalement charmé et deviennent mon OST préféré cette année. L’enrobage de Transistor est donc de très grande qualité et suffit presque à lui seul à justifier l’achat du jeu. Mais heureusement, le gameplay n’est pas en reste !

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transistor(14)Ok c’est de la 2D mais il n’empêche que les décors sont incroyablement beaux et détaillés, un vrai travail d’artiste.

transistor(3)Le jeu est aussi ponctué d’artworks animés absolument sublimes. Ca reste plus « cheap » qu’une belle scène cinématique mais ça n’en est pas moins enchanteur.

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Bourrins s’abstenir

Véritable action-RPG avec des niveaux et des compétences à utiliser, Transistor propose aussi et surtout tout un côté stratégique. En effet, à tout moment on peut geler le temps indéfiniment pour planifier une série d’actions qui seront effectuées en un instant très rapide une fois que l’action reprend, le tout sans que les ennemis puissent réagir. Un pouvoir surpuissant qui permet d’analyser méticuleusement chaque situation de combat et créer des réactions en chaîne en utilisant les compétences les plus adaptées et en manipulant les adversaires en voyant les dégâts qu’ils subiront (plus puissants si on attaque dans le dos). Toutefois cette capacité est limitée en actions cumulables, déplacements compris, et il faut attendre un petit moment avant de pouvoir la relancer. Pire, une fois utilisée elle neutralise les compétences actives, nous rendant de ce fait tout à fait vulnérable. Il faut donc agir avec prudence et surtout l’utiliser efficacement sinon ça peut se retourner contre nous.

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transistor(1)La plupart des zones de combat sont parsemées de murs qui permettent de se cacher le temps que les attaques ennemies les détruisent.

transistor(5)Je ne suis pas d’accord avec ceux qui affirment que c’est un jeu purement axé stratégie. Les champs de bataille nécessitent de la réactivité face aux assauts des ennemis, ça n’a rien de passif.

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transistor(16)Les adversaires évoluent au fil de l’aventure et gagnent des capacités supplémentaires pour bien nous compliquer la tâche.

transistor(15)Certains petits ennemis servent uniquement à en protéger d’autres.

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Construis ton gameplay !

Cette habilité ne serait rien sans une richesse de gameplay qui permet d’établir des plans d’action complexes. Il n’y a pas d’équipement à modifier mais le jeu est très riche en capacités à équiper et il faudra choisir méticuleusement car on ne peut en équiper que 4 à la fois. Trop peu ? Non car chaque case peut conteneur deux capacités en plus qui appliqueront un modificateur à la capacité principale, afin de la modifier de plusieurs façons (exemple : multiplier les effets, augmenter la zone d’impact, ect…). Mieux, il y a aussi 4 cases pour équiper des capacités avec effet passif permanent. Résumé : 4 cases actives, 8 modificateurs et 4 cases passives. Les possibilités de combinaisons sont donc énormes et il y a de tout : offensif, défensif et même de quoi se créer un ou plusieurs familiers à qui on pourra donner des ordres d’action lors du gel du temps.

transistor(8)Le familier est l’une des capacités les plus utiles pour la planification car on a plus de possibilités d’attaque.

transistor(7)Cette zone de « repos » est accessible plusieurs fois dans le jeu et permet de relever ds défis très instructifs pour la maîtrise du gameplay.

transistor(9)Chaque capacité a une multitude de fonction selon le slot où on la place.

transistor(10)Chaque hausse de niveau offre plusieurs choix de capacités et/ou boost de caractéristique.

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Pouvoir dépasser ses limites

J’en viens maintenant à la principale critique qui a été faite par les grands reporters de la presse vidéoludique envers le jeu : la répétitivité. On lui reproche effectivement d’avoir un gameplay qui impose toujours la même chose : geler le temps, spammer, fuir en attendant le compte à rebours, regeler le temps, ect… Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est faux car en effet si on se contente de ça on peut voir le bout du jeu. Mais ce serait jouer comme un idiot. Car comme dans Bastion il n’y a pas de mode difficile mais un système de pénalités qu’on peut choisir de s’infliger ou non en échange de bonus d’expérience. Ainsi le jeu n’est pas spécialement difficile si on n’en active aucune mais devient fameusement hardcore dès qu’on en a une poignée à son actif. Qu’est-ce que ça a à voir avec la répétitivité ? Tout simplement le fait qu’être mis K.O. supprime une capacité de sa barre d’état pendant un long moment et impose de ce fait de jongler avec la totalité des capacités restantes puisque les K.O. arriveront régulièrement une fois le challenge bien présent. Et vu les effets très variés de chacune d’entre elles il y a un renouvellement imposé du gameplay tout au long du jeu. Je ne cherche pas d’excuse à Transistor mais je peux affirmer que toutes les critiques sont passées à côté de l’intérêt du jeu : il FAUT jouer avec ces pénalités, ce n’est qu’avec cette pression que tout la richesse du gameplay peut émerger ! NON, Transistor n’est PAS répétitif.

transistor(4)Il y a ainsi 10 pénalités qu’on peut s’infliger. Personnellement je n’en ai activé que 4 et c’était déjà suffisamment difficile.

transistor(19)Les points d’accès sont des checkpoints qui sauvegardent et restaurent les capacités désactivées suite à des KO. C’est aussi le seul endroit où on peut modifier son build.

transistor(2)Pour achever un ennemi il est impératif de ramasser sa ou ses cellules après l’avoir mis K.O. sinon il reviendra à la vie. Plus facile à dire qu’à faire car parfois ça impose le gel du temps vu leur rapidité de régénération.

transistor(20)Certaines capacités sont plus adaptées que d’autres pour jouer sans le gel du temps. Car oui, spamer la planification n’est pas forcément une bonne idée, mieux vaut la garder pour les coups durs.

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Cruellement bref

En revanche le jeu est court. Très court. Trop court. Je l’ai tristement terminé en 5 heures malgré le challenge. Ce furent 5 heures de pur bonheur que j’ai enchaîné sans décrocher, mais vu la qualité du jeu je n’aurais pas craché sur 5 heures supplémentaires. Pourquoi ne pas avoir rajouté par exemple plus de boss ? Malgré la qualité de ces affrontements il y en a vraiment très peu. Il y a bien des challenges à relever tout au long du jeu (que je vous conseille de faire pour bien comprendre le potentiel du gameplay) mais je les compte dans mon temps de jeu. Lot de consolation : un New Game + relativement classique qui permet de tout recommencer en gardant ses compétences et niveaux tandis que les ennemis sont beaucoup plus puissants (lesquels évoluent déjà tout au long du premier run). De quoi pousser le gameplay encore plus loin et c’est encore un des rares jeux que j’ai envie de recommencer après l’avoir terminé. Ca en dit long.

transistor(12)Il y a très peu de combats contre les boss mais ils sont à chaque fois très intenses.

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Seule mais pourtant bien entourée

Pour moi, Transistor fait presque un sans-faute. Même son scénario est intéressant dans son intrigue (qu’est-ce que cette épée, qui sont les terroristes, qu’elle est cette ville étrange, que sont ces monstres étranges ?) et son traitement avec notre compagnon de route piégé dans l’épée et qui commente absolument tout de façon plus pertinente que le jeu précédent, c’est beaucoup plus agréable à écouter. D’ailleurs Bastion avait un certain degré d’humour mais là on est dans une histoire sérieuse voire même tragique quand on découvre ce qu’il en est vraiment et j’ai trouvé la fin très jolie. Et de façon plus générale on a beau ne rencontrer presque aucune personne secondaire, il y a un véritable background à découvrir via des textes et de descriptions, notamment de la ville. [SPOILER – Mettez le texte en surbrillance : J’ai été très surpris par la tournure des événements car on nous présente les membres du groupe terroriste et j’ai directement pensé que ce seraient les boss à abattre. Au final on tue le premier de ces membres et on apprend par la suite que les autres sont morts car ils ont été pris de court par leur propre création qu’ils ne contrôlaient plus : les monstres qui ne peuvent plus être contrôlés sans le Transistor. Je me demande même s’il n’y a pas un lien avec Bastion car au final la cité est rayée de la carte et doit être reconstruite par le possesseur du Transistor, ce qui pourrait expliquer le monde fracturé du jeu original. Enfin bon, c’est surtout la fin du jeu qui m’a touché, à commencer par le combat épique dans le royaume du Transistor, et puis le « suicide » de l’héroïne avec l’épée, laissant tout tomber pour que son âme puisse rejoindre celle de la voix off qui n’était autre que son amant, et vivre à jamais avec lui. C’est mon côté fleur bleue, que voulez-vous…]

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transistor(11)Il y a un bon paquet de textes à lire pour mieux comprendre l’histoire, ce que je conseille évidemment de faire car elle n’est pas si facile à suivre.

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Je vous le dis, à part la durée de vie cruellement trop courte je n’ai rien à reprocher à ce jeu. Rien. C’est rare hein ? Il n’est pas parfait (notamment quelques imprécisions sur les estimations de dégâts lors du gel du temps qui ne concordent pas toujours à ce qui se passera vraiment) mais c’est vraiment mon coup de cœur de l’année sans aucune hésitation. Enlevez-vous de la tête les avis négatifs que vous avez pu lire car ils sont d’une hypocrisie rare, et jouez pleinement le jeu comme le mérite ; si vous n’êtes pas allergiques au concept alors vous vivrez comme moi une aventure exceptionnelle. Nous voilà en tout cas fin 2014 et Transistor est définitivement mon jeu de l’année !

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Source des screenshots : Réalisés moi-même sur mon PC

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13 réponses à “Transistor, la merveille qui a sauvé mon année

  1. Ce jeu ne vaut TELLEMENT pas toutes les louanges qu’on lui fait je trouve, c’est un aimant à récompenses et à superlatifs, mais il vaut pas grand chose dans le fond…

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