Assassin’s Creed Unity, de la répétition de qualité

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« Vous n’avez pas honte ? », me demandera-t-on à la vue de cette critique du nouvel Assassin’s Creed. Il faut dire que la série, déjà pas bien estimée dans le cœur des joueurs, a pris un fameux coup de plomb dans l’aile avec cet épisode Unity, sorti dans un bad buzz monstrueux mêlant coups bas d’Ubi Soft envers la presse, micro transactions crapuleuses, versions consoles bâclées, et bien sûr bugs à foisons qui ont nourris les internet memes pendant de nombreuses semaines. Alors oui, si j’étais un joueur rationnel j’aurais boycotté le jeu. Mais voyez-vous, on a descendu AC4 au point de m’empêcher de l’acheter à sa sortie, jusqu’à ce que je découvre que c’était en fait un excellent jeu. Donc cette fois j’ai choisi de nier les rageux et profiter de la rapide baisse de prix du soft (merci les ventes décevantes) pour me faire mon propre avis.

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Aaaah Paris. Les joueurs ont longtemps pleuré pour voir un Assasins’s Creed se déroulant dans cette grande ville lors de la révolution française et après des années de rumeurs et spéculation voilà enfin Unity qui répond à cette forte demande. Il faut dire qu’en plus c’était le premier AC sur la nouvelle génération de consoles et qu’il portait d’autant plus d’espoirs sur ses épaules que c’était l’un des seuls gros blockbusters de fin 2014 qui n’avaient pas été reportés. Après une année en demi-teinte niveau baffe graphique, les joueurs avaient donc énormément d’attente pour cet opus. Une pression que n’a pas pu supporter cet Unity qui reste ancré dans l’esprit de la série « faire la même chose mais un peu mieux à chaque fois ». Pourtant après l’avoir terminé je peux affirmer que si ce n’est pas le jeu porte-étendard de la nouvelle génération, c’est au minimum un jeu très convenable qui peut être mérité des reproches mais certainement pas un massacre médiatique. Maintenant que les fusillades à son égard se sont calmées et qu’il a reçu plusieurs patch pour corriger ses défauts dûs à sa sortie précipitée, je vous propose une critique à froid y voir plus clair.

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Insérez histoire [X] dans époque [Y]

On incarne Arno qui a rejoint la confrérie des Assassins de Paris afin de pouvoir laver son nom accusé d’un crime qu’il n’a pas commis et avoir les armes pour se venger. Tout le jeu est alors une grosse traque aux coupables qui sont tous mêlés à un complot de l’ordre des Templiers. Le tout sur toile de fond de la révolution qui se déroule avec ses personnages historiques. Habituellement la série nous avait habitué à des scénarios qui ont une ampleur globale, le contexte historique étant mis plus en avant, et donc j’avais surtout l’impression de jouer des pions sans impact sur le récit. La tendance changeait légèrement dans Black Flag et cet Unity inverse les rôles car c’est désormais d’avantage une histoire basée sur le personnage principal et ses propres motivations, tandis que le propos historique se déroule en arrière-plan. Mais autant j’apprécie un scénario plus basé sur les relations (notamment avec son amour interdit, Elise), autant je trouve très dommage que le contexte doive en pâtir. Le déroulement de ce Unity aurait très bien pu se passer à une autre époque que ça aurait été du pareil au même. La propos de la Révolution n’est pas du tout abordé et tout le monde semble s’en foutre. Dommage, l’un ne devrait pas exclure l’autre, et ce n’est pas encore avec cet épisode que la narration brillera, surtout que, probablement dans un souci de laisser la série accessible aux nouveaux joueurs, la fameuse meta-histoire dans le présent a encore été réduite comme peau de chagrin et c’est quelque chose que je déplore. Dans AC4 c’était encore acceptable car on pouvait fouiller plein de choses dans les locaux d’Abstergo et y trouver un tas d’infos croustillantes, mais dans ACU tout ça est expédié à l’exception de quelques pauvres petits documents dans le codex. Il parait que c’est mieux dans AC Rogue, nous verrons donc ça plus tard.

Assassin's Creed® Unity_20150119230550Il n’y a même plus de séquence jouable dans le présent, seule une pauvre cinématique viendra vous présenter les enjeux de cet épisode, et basta…

Assassin's Creed® Unity_20150206192825La relation amoureuse entre Arno et Elise est au centre du scénario.

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Assassin's Creed® Unity_20150202185253Mon grand regret est la mise au second plan des personnages historiques comme Napoléon et Sade, qui ont pourtant une forte personnalité et sont intéressants à suivre.

Assassin's Creed® Unity_20150216193658Arno n’est pas aussi intéressant que le très marquant Ezio mais il a du charisme et du vrai caractère. On est très loin de l’infecte Connor d’AC3 et il est plus humain qu’Edward d’AC4.

Assassin's Creed® Unity_20150205142706On retrouve l’ambiance confrérie d’Assassins qu’il y avait dans Brotherhood, les éléments de gameplay en moins certes mais ça permet de se faire une meilleure idée de comment tout ça s’organise.

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Back To The Future

Si le contexte historique n’est pas mis en valeur, au moins le travail effectué sur la reconstitution de la ville de Paris est absolument incroyable, et je ne ménage pas mes mots. J’en ai le vertige à imaginer le temps et les efforts qu’il a fallu pour tout modéliser avec une telle précision. Chaque bâtiment est grandiose et fidèle à la réalité, et je ne parle pas que de Notre Dame de Paris qui est le plus massif mais certainement pas le seul. Chaque rue, chaque maison, chaque église, chaque commerce, tout est crédible et sent le travail méticuleux. Et puis il y a cette attention particulière à recréer une ambiance d’époque qui force le respect, que ce soit au niveau de la foule qui semble mener sa petite vie ou tous les détails historiques (les journaux qu’on peut lire, les chansons populaires, les mouvements de foule). Ça m’arrive très rarement dans un jeu mais j’ai pris beaucoup de temps à simplement admirer ce travail d’orfèvre et profiter de l’atmosphère des différents quartiers ou des intérieurs, lesquels sont d’ailleurs très nombreux à être accessibles (bien qu’un poil répétitifs) contrairement aux précédents épisodes où tout était fermé. Non vraiment, j’ai beau ne pas avoir vécu à cette époque (sans blague) ou même vivre à Paris, je me suis senti complètement immergé dans ce monde, certes moins vaste qu’un Black Flag mais ô combien détaillé et varié.

Assassin's Creed® Unity_20150202225408Les habitants vaquent à leurs occupations et rendent l’atmosphère vivante.

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Assassin's Creed® Unity_20150126182013Je n’ai pas peur de le dire, je n’ai JAMAIS vu un tel degré de travail dans la modélisation d’un environnement de jeu. C’est à en perdre la tête tant c’est démesuré. Mon respect total aux artisans qui ont recréé le Paris de l’époque.

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Assassin's Creed® Unity_20150119224305La reproduction de l’intérieur des bâtiments les plus célèbres est absolument fantastique. Ca se passe de commentaire, admirez.

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Assassin's Creed® Unity_20150205142229Aucune rue ne se ressemble, chaque quartier a sa propre ambiance et son niveau de richesse.

Assassin's Creed® Unity_20150216184523Les extérieurs de la ville sont très ruraux et tranchent radicalement avec le reste.

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Paris en diapositives

Je n’aime pas faire ça car ça fait très « petit test de type cahier des charges » mais il va bien falloir en parler : l’aspect purement technique du jeu est fortement mitigé. D’un côté il y a les qualités assez incroyables du moteur graphique qui nous propose des centaines de personnages affichés à l’écran, tous animés et modélisés admirablement. Ca fait son petit effet quand on voit ça la première fois et ça frappe encore plus fort que Hitman Absolution qui était déjà bluffant sur ce point. Certes si on regarde attentivement on voit bien qu’il y a des astuces utilisées, par exemple en mettant des modèles 3D en basse résolution dans le fond, mais ça n’en est pas moins étonnant. Mais ça a un prix et vous le connaissez déjà : sur consoles la fluidité en prend un sacré coup avec des chute d’images par seconde qui descendent fréquemment sous la barre des 20 FPS, voir 15 FPS, sans exagération. C’est particulièrement pénible quand on traverse une grande place bondée de personnages et je ne vous raconte pas le côté pénible des courses-poursuites dans ces conditions. Ubi Soft a vu beaucoup trop gros et ça se paye très cher… Toutefois il faut nuancer ces accusations : ça ne concerne QUE les endroits avec une grosse foule. Car tous les intérieurs, les toits, ou les rues plus calmes ne posent pas de soucis techniques et là on reste à du 30 FPS convenable. Dire qu’AC Unity ne fait que ramer est être de mauvaise foi car soyons francs : ces passages d’action dans de grosses foules ne constituent pas l’essentiel du jeu, loin de là.

Assassin's Creed® Unity_20150118183024Le début du jeu commence très bien et fait preuve d’une fluidité exemplaire malgré la foule déjà affichée. Je me disais : »Ca y est, Internet raconte une fois de plus n’importe quoi ». Mais c’est dès la sortie dans la ville qu’on se rend compte des ralentissements…

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Assassin's Creed® Unity_20150211223415Les foules sont incroyablement vivantes. Mais ça a un prix douloureux : de très gros ralentissements de façon totalement aléatoire.

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Loading’s Creed Unity

Alors oui ces ralentissements sont désagréables, mais à côté de ça la beauté graphique du jeu vaut le coup, que ce soit sur consoles ou sur PC (qui n’est pas pénalisé par ces ralentissements mais qui nécessite une grosse bécane… et Uplay, lulz). Le degré de détails du décors et de ses textures, la qualité des éclairages, la distance d’affichage, la modélisation des personnages, tout est très réussi et sent bon la nouvelle génération, le tout dans une aire de jeu gigantesque. Hélas là aussi ça a un prix douloureux à payer : les chargements absolument abominables (sur consoles). Que ce soit pour lancer la partie, changer de zone, lancer une scène narrative, ou recommencer un checkpoint, il faut littéralement SUBIR les chargements beaucoup trop longs. C’est extrêmement pénible quand on galère lors d’une mission qu’on doit relancer plusieurs fois. Pour des consoles qui obligent l’installation de l’entièreté des Blu-ray sur disque dur ça la fout vraiment mal. En résumé, AC Unity a la plastique d’un jeu nouvelle génération mais se frotte au hardware limité des nouvelles consoles et les développeurs n’ont probablement pas eu le temps d’optimiser tout ça à temps. En résumé : c’est très beau mais il faut être très patient. Et au passage, le jeu a été lapidé pour ses bugs mais de toute ma partie je n’en ai vu qu’un seul tout à fait inoffensif. Soit les patch ont fait leur boulot, soit tout a été fortement exagéré. En revanche il est bon de signaler que la synchronisation labiale en VF est désastreuse et c’est d’autant plus pénible que pour l’ambiance j’ai pour une fois voulu jouer sans la VO… Un jeu d’un éditeur français, qui se passe en France, et dont le doublage français n’est pas calibré, une honte.

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Assassin's Creed® Unity_20150211231112Les intérieurs sont totalement bluffants de beauté et regorgent de détails.

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Assassin's Creed® Unity_20150216194524Le soin apporté à la modélisation des personnages est tout aussi admirable.

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Assassin's Creed® Unity_20150216194325On dit souvent que cette génération de consoles est celle des effets de lumière et à raison : AC Unity le prouve avec ses ambiances ensoleillées sublimes.

Assassin's Creed® Unity_20150216191741La distance d’affichage est aussi bluffante.

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Bourrins, s’abstenir

Vous l’avez remarqué, je n’ai pas encore abordé le sujet du gameplay et à raison : c’est LE sujet qui fâche. C’est bien simple, c’est la même chose qu’avant : on escalade, on synchronise la carte en haut des tours, on collecte des tas d’objets, on ouvre des coffres, on retrouve les gadgets classiques, on assassine les cibles discrètement (ou pas), ect… Black Flag, et déjà AC3 en son temps, avait su casser la routine de la série en introduisant le navire et les combats sur l’eau, mais ici on repart en arrière. Enfin, plus ou moins. Certes la forme est la même mais il y a eu pas mal d’ajustements bienvenus qui changent la manière de jouer. Le plus flagrant est tout l’équilibrage qui a été effectué sur le système de combats. Auparavant, il était très simple d’affronter une dizaine d’ennemis à la fois car ils attaquaient chacun à leur tour et leurs mouvements étaient très prévisibles. Ce n’est dorénavant plus le cas et les ennemis n’hésiteront pas à vous taillader ou vous tirer dans le dos en plein enchaînement de coups, tandis que leurs attaques sont plus difficiles à contrer ou esquiver. Et alors ? Et bien ça change tout car bourriner n’est plus une option efficace et on se sent bien faible face à 2 ennemis ou plus. J’ai lu sur le web que beaucoup trouvaient les combats ratés mais non, non et non ! Ils sont juste devenus plus subtils et compliqués. Et ça tombe bien puisque les missions proposées invitent enfin à jouer furtivement en mettant en évidence plusieurs façons d’accomplir un meurtre discrètement, sans aller jusqu’à égaler la diversité d’un Dishonored mais on s’en approche. Une sensation d’être un vrai Assassin que je n’avais plus retrouvée depuis le tout premier épisode, et perso je suis aux anges. Ou presque…

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Assassin's Creed® Unity_20150204221827Mieux vaut bien choisir ses adversaires. A la fin du jeu, combattre devient quasiment suicidaire face aux ennemis les plus rapides, mais durant tout l’aventure il faut surtout se méfier des gros soldats qui ne peuvent être contrés.

Assassin's Creed® Unity_20150216193350La vision de l’aigle est toujours présente et plus efficace que jamais. A noter qu’au début du jeu elle est moins efficace mais il faut la booster avec l’équipement.

Assassin's Creed® Unity_20150209230325Chaque mission d’infiltration nous met en garde : il y a plein de gardes pour dissuader le bourrinage et beaucoup d’opportunités à saisir pour rester discret.

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Assassin's Creed® Unity_20150211234004J’ai vraiment apprécié ce côté Dishonored dans les possibilités d’action. Il y a toujours divers moyen d’atteindre la cible, de façon plus ou moins subtile.

Assassin's Creed® Unity_20150209231233On prend plaisir à observer attentivement les environs et les comportements des cibles. La patience est de rigueur mais le plaisir d’un assassinat bien fait est très gratifiant.

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Plus fort que Spider-Man

Si je suis enthousiaste sur cette orientation infiltration, je suis plus mitigé sur le gameplay dans la pratique. Ainsi on nous offre la possibilité de s’accroupir et se cacher derrière des murs, mais pour le coup c’est vraiment très bancal. Les contrôles sont approximatifs et Arno ne réagit pas assez rapidement aux commandes, ce qui rend la discrétion difficile à maintenir. J’en veux pour preuve la prise de tête pour aller d’un abris à l’autre, infaisable dans la plupart des cas… M’enfin bon tout n’est pas à jeter dans les nouveautés. Le système de course revu est ainsi lui aussi plus difficile à maîtriser puisqu’il faut désormais presser un second bouton pendant le sprint pour indiquer si on veut plutôt descendre ou escalader. Là aussi beaucoup ont râlé mais une fois qu’on a bien compris les possibilités que ça implique ça permet du free-run beaucoup plus fluide et moins approximatif qu’avant. Au passage je tenais à souligner le travail exemplaire réalisé sur les animations d’Arno lors de ses déplacements, ce qui lui apporte une certaine classe digne d’un super héros. C’était déjà pas mal dans Black Flag mais là c’est extrêmement fluide et ça semble presque naturel si on met de côté les quelques imprécisions lors des collisions sur de petits obstacles.

Assassin's Creed® Unity_20150211234927Au niveau des imprécisions du gameplay, le tir est aussi à revoir car il manque de punch et est très incertain sur la portée et le niveau de recharge.

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Assassin's Creed® Unity_20150202235245La couverture est pratique mais il serait temps de faire un système plus fluide et précis.

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Vers un Assassin’s Creed MMORPG ?

On en vient à ce qui est certainement l’un des plus gros changements de ce nouvel opus : la dimension RPG dans la gestion des capacités via l’équipement d’Arno, principe déjà apparu dans Black Flag mais ici beaucoup plus poussé. Désormais on n’a plus de simples tenues à acheter qui modifie légèrement la santé du personnage, mais bien différentes parties d’équipements qui influent sur plusieurs caractéristiques. On se retrouve alors avec énormément d’habits à acheter dont certains vous rendront plus discrets mais plus fragiles, ou inversement, d’autres boostant la portée de la vision de l’aigle, ou d’autres permettant de porter plus d’objets, ect… Si au début ce principe ne m’enchantait vraiment pas, au final je m’y suis fait et ça m’a fait plaisir d’améliorer mon personnage et de change régulièrement de look. En parlant de ça, il est aussi possible d’acheter des compétences (comme le double assassinat par exemple) avec des points à gagner lors des missions. Plus on réussit les objectifs annexes lors de celles-ci, plus on en gagne. Mais je tenais à une fois de plus râler sur ces points facultatifs car les accomplir ruine l’immersion. Par exemple, il y avait un objectif qui imposait de paralyser des ennemis… dans une mission d’infiltration pure… C’est toujours la même idiotie depuis AC2, ce genre de quête annexe va toujours à l’opposé de l’objectif premier et c’est non seulement souvent tiré par les cheveux mais c’est aussi hors de propos. QUAND vont-ils cesser avec ça et se contenter de simples missions ? Vous me direz que c’est non obligatoire, certes, mais désormais c’est pour gagner des capacités bonus, donc le joueur se sent obligé de les faire et l’expérience de jeu en prend un coup.

Assassin's Creed® Unity_20150211221934Parmi la vaste sélection d’équipements, on retrouve les tenues des précédents héros.

Assassin's Creed® Unity_20150205235542Chaque partie d’équipement apporte son lots d’avantages et de compromis. Mais au-delà de ça il ne faut pas déconner, ça reste un jeu solo donc c’est surtout le look varié qui fera plaisir.

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Pas près d’en voir les 100%

Surtout qu’il n’y a vraiment pas besoin de ces artifices pour augmenter la durée de vie du jeu qui est déjà bien assez élevée comme ça. Entre tout ce qu’il y a à collecter, la base à restaurer petit à petit et toutes les missions annexes d’assassinat annexes il y a largement de quoi faire, surtout pour ceux qui visent les trophées/succès ou l’équipement ultime. Très bon point : le jeu offre un peu de variété à ces activités puisqu’en plus des choses habituelles à faire on trouve des mini-quêtes où il faut enquêter sur un meurtre en analysant des indices et en déduire un coupable. Pas très poussé mais sympathique. Mieux, il y a des énigmes très complexes pour chasser des symboles à travers toute la carte. Bonne chance pour les trouver, c’est souvent tiré par les cheveux mais ça fait tout de même plaisir. Il y a également des zones à scoring où il faut collecter plein d’objets en temps limité dans des zones… particulières (je ne vous spoile pas la surprise). Côté online, le mode compétitif a disparu (dommage mais il est vrai qu’après 3 versions il commençait à tourner en rond) et on trouve à la place un mode co-op qui se résume à une grosse poignée de missions séparées de l’histoire principale. Je n’ai pas essayé (refusant toujours de payer pour jouer en ligne sur consoles) mais il parait que c’est sympathique, sans plus. Enfin bref, tout ça pour dire que comme à chaque fois on en a pour son argent. J’aurais par contre souhaité des événements aléatoires plus variés car on tombe toujours sur les mêmes, mais peu importe.

Assassin's Creed® Unity_20150211201909La carte est un fameux bordel avec toutes ces activités. J’ai même parfois eu du mal à voir où était la mission suivante.

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Assassin's Creed® Unity_20150212181011Crocheter des serrures et ouvrir des coffres, l’activité principal de Unity… Seuls les chasseurs de Trophées/Succès s’emmerderont avec ça, car l’intérêt ludique est proche de zéro sauf lorsqu’ils sont bien planqués.

Assassin's Creed® Unity_20150212174022Les fameuses failles sont particulièrement intéressantes. Je me refuse à vous gâcher la surprise mais sachez que ces zones bonus peuvent être revisitées pour y faire du scoring. Voilà, voilà…

Assassin's Creed® Unity_20150126191345Les énigmes de glyphes à trouver dans tout Paris sont très hardcore et garantissent une grosse durée de vie pour ceux qui veulent tout à 100%.

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Les marketeux d’Ubi Soft à la guillotine !

Il devient tout de même urgent de faire notre propre révolution, amis gamers. Car au-delà de toute forme de gameplay ou de graphismes, s’il y a bien une chose sur laquelle le jeu doit être critiqué lourdement est son intrusion dans la progression du joueur. D’abord nous avons cette obligation de devoir passer par une « companion app » pour débloquer certains types de coffres. Je déteste avoir la main forcée de cette façon, surtout que ça empêche de terminer le jeu à 100%. Il y a ensuite de l’équipement qui ne peut être obtenu que via une sorte de website « Initiate » dont tout le monde se fout. Et je vous garde le meilleur pour la fin avec une magnifique boutique en ligne qui permet d’acheter du crédit de jeu. Pourquoi ? Car l’argent du jeu se fait beaucoup plus rare que les anciens épisodes et est rapidement nécessaire pour évoluer plus vite dans l’équipement plus efficace… Sans parler des pitoyables DLC pour gagner du temps dans l’exploration de la carte. Lamentable et risible, j’ose espérer qu’aucun d’entre vous ne mettra un seul euro dans cette plaisanterie de mauvais goût…

Assassin's Creed® Unity_20150118202142Par pitié amis joueurs, ne mettez pas un rond dans cette arnaque SVP. Je peux vous garantir que j’ai fais tout le jeu sans en avoir besoin et sans devoir farmer ou quoi que ce soit. L’équipement vient petit à petit et accélérer son obtention ne fait que briser l’équilibre des missions. Ayez de l’amour propre et NE CAUTIONNEZ PAS CA, MERCI.

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Bon, bon, bon, il est temps de terminer ce long article. Contrairement à ma conclusion lors de ma critique d’AC4, je ne vais pas défendre cet AC Unity car il a mérité certaines de ses critiques négatives. Pour ma part, je suis certes heureux de voir ce retour aux sources concernant l’infiltration mais ça manque d’audace dans les missions proposées. Que dire au final ? Que c’est un jeu correct (avec ses patchs correctifs). Ni mauvais, ni très bon, juste convenable. C’est déjà pas mal et ça permet de profiter du travail artistique admirable. Mais après tant d’épisodes, il serait temps de relever le niveau du gameplay si on veut garder un intérêt pour cette série. Il y avait pourtant de l’idée avec les passages « entre séquences » (sans vous spoiler, voyez plus bas) mais il est vrai qu’à part ça c’est du grand classique à tous les niveaux.  Bref, cracher dessus est juste stupide car il n’a pas à avoir honte de ce qu’il propose mais il n’a pas su marquer les esprits pour ce passage à la nouvelle génération et c’est ce que les gens retiendront. C’est bien dommage car s’il n’avait pas subi toute cette pression et s’il avait été sorti proprement il aurait été assurément acclamé car s’il est de bon ton  de cracher sur les Assassin’s Creed sur internet car « trop AAA, trop blockbuster », impossible de lui dénier ses qualités et cet Unity le confirme.

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Source des screenshots : Réalisés moi-même sur ma PS4

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Mon avis sur le scénario

[SPOILER – Mettez le texte en surbrillance]

Avant tout, j’aimerais insister et dénoncer l’abandon quasiment total de la fameuse métahistoire qui a toujours été tirée par les cheveux mais qui avait le mérite de créer toute une mythologie autour de la licence Assassin’s Creed, ne serait-ce que par les jeux de pistes que les développeurs s’amusaient à distiller dans le jeu et dans la réalité. Il y avait ainsi une seconde lecture possible à l’histoire globale de la série, et même dans Black Flag elle était respectée et peut-être même plus prononcée que dans les épisodes avec de vrais passages dans le présent. Bref s’il y en a qui ne peuvent pas supporter ces éléments de Science-Fiction mêlés à l’Histoire, moi j’adorais. Sauf que désormais le message est clair : on peut s’assoir dessus. Dans Unity, on incarne une sorte d’agent infiltré dans le réseau d’Abstergo et on est supervisé par une agente des Assassins qui cherche à localiser un nouveau « Sage » (suite à la révélation d’AC4 sur l’information génétique d’un des Précurseurs inséré dans le génome d’une lignée humaine pour garantir sa réincarnation perpétuelle) afin d’empêcher les Templiers de rassembler tous les échantillons d’ADN qui pourraient leur donner accès à de nouveaux fragments d’Eden et assoir définitivement leur règne.

Et c’est tout. Pire, la fin laisse absolument pantois car on nous explique finalement que tout ça n’a servi à rien puisque le fameux Sage Germain a bien été tué par Arno et que ses restes ont été noyés dans un caveau et sont donc introuvables par les Templiers. Donc en gros : « Ha bah cool, on a confirmation que ces salauds n’auront pas l’ADN, c’est très bien, on te recontactera »… Absolument rien de croustillant à se mettre sous la dent pour continuer la métahistoire laissée en suspens depuis la tentative de résurrection de Junon, à part des théories et autres suppositions libres d’interprétations. Au mieux verra-t-on Napoléon s’emparer de sa pomme d’Eden dans le coffre du roi, puisqu’on sait de par divers documents qu’il en possédait une lors de ses campagnes militaires. Je porte en tous cas mes espoirs sur AC Rogue que je ferai lorsqu’il sera adapté à PS4/Xbox One puisqu’il parait qu’il est plus riche sur ce point.

Heureusement j’ai trouvé l’histoire centrale de cet épisode plus terre à terre que les précédentes, avec cette relation amoureuse entre Arno et Elise. C’est d’ailleurs très amusant de voir ces deux pions des deux camps, Assassins et Templiers, qui s’unissent au nom de la vengeance et confrontent leurs points de vue. Une histoire de rancune suite au meurtre du père d’Elise (et père – Templier – adoptif d’Arno, alors que son vrai père était Assassin) est beaucoup plus touchante et facile à comprendre que ce qu’on nous a régulièrement servis par le passé où j’avais personnellement du mal à suivre la ligne directrice tant on nous introduisait des tas de personnages n’ayant pas vraiment de liens entre eux et de manière totalement décousue. Cette fois je me suis senti impliqué dans l’histoire même si elle est loin d’être incroyable. D’ailleurs la mort d’Elise à la fin est convenue et peu intéressante… Le complot de Germain vient sauver cette conclusion qui était mal barrée en apportant une touche de réflexion sur la corruption du pouvoir, même au sein des Templiers qui prônent l’ordre et la discipline pour un monde uniforme.

J’ai aussi positivement accueilli le point de vue de la confrérie des Assassins qui en vient à bannir Arno qui n’est motivé que par sa vengeance. Je me disais aussi que tout au long du jeu il ne suivait pas du tout le fameux crédo de la guilde et ça lui pendait au nez. A ce propos, on reproche souvent aux Assassin’s Creed de ne pas proposer de personnage principal intéressant mais je trouve qu’Arno a un certain charisme et agit comme il l’entend, sans suivre bêtement les ordres. Elise n’est pas en reste avec un petit côté insolent mêlé à de l’innocence crédule. Ce duo marche plutôt bien.

Enfin, j’ai énormément apprécié les petits sauts temporels dans les failles Helix de l’Animus. Passer du Paris du siècle des lumières, à celui de la seconde guerre mondiale (cette escalade de la tour Eiffel est formidablement bien mise en scène !), sans oublier un petit passage au Moyen Age, apporte un véritable souffle de fraîcheur à la progression et je me met à rêver d’un épisode qui exploitera le voyage temporel d’une même ville de manière plus approfondie.

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3 réponses à “Assassin’s Creed Unity, de la répétition de qualité

  1. Merci pour ce test.
    Perso, je me suis arrêté au quatre. Même si l’aspect bataille navale était une nouveauté appréciable, je trouve que la série stagne. En plus, ils en sortent un par an et ça se voit sur la qualité globale de leurs jeux. J’ai donc décidé de ne plus y jouer…

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  2. « il est aussi possible d’acheter de compétences »
    😉

    Encore un avis ultra complet sur un jeu sujet à polémique et au trollisme à tout va
    Tu as su resté factuel et objectif comme toujours 😉
    Je trouve ultra navrant cet abandon de la meta histoire et encore plus de n’avoir pas profité de ce formidable cadre historique pour inscrire la petite histoire dans la grande
    Perso j’ai fais uniquement le 1 sur PS3 et les autres opus m’attendent dans ze pile of doom des jeux à faire…

    Pourquoi l’avoir pris sur Console au fait ?

    Aimé par 1 personne

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