Hyperdimension Neptunia Re;Birth1, juste pour l’action

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Hyperdimension Neptunia, voilà bien une série de J-RPG que je n’imaginais pas entamer un jour. Il faut dire que le premier épisode était d’une médiocrité assez affligeante, ce qui m’a fait classer ce titre au rang des daubes à éviter. Sauf que voilà, entre-temps elle est devenue une vraie saga et les développeurs ont voulu rattraper le coup en faisant un remake de ce premier essai, cette fois sur PS Vita (et PC par la suite). Alors, est-ce assez pour me faire accrocher à cette aventure ?

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Il faut dire que le pitch du jeu est très attirant puisqu’on a affaire à une grosse parodie de l’industrie des consoles de jeu. Ainsi le monde proposé se nomme « Gamindustry » et il y règne 4 déesses qui se font la guerre : Vert incarnant la Xbox, Blanc la Wii, Noire la Playstation, et Purple est la fameuse Neptune, console Sega jamais sortie mais ici fantasmée par les scénaristes. Et c’est là le but de l’histoire : se moquer gentiment de la guéguerre des consoles avec tout un tas de références et d’allusions. Sympathique… sur le papier uniquement.

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Il était une fois la déesse de la niaiserie

Autant évacuer directement mes reproches vis-à-vis du jeu puisqu’ils résident principalement dans le scénario. Alors oui l’idée de base est géniale mais elle est très pauvrement exécutée. Je ne vais pas y aller par quatre chemins : l’histoire n’a juste aucun sens et n’est pas du tout intéressante à suivre. Pire, l’humour ne fait que rarement mouche et bien souvent on a droit à des tas de dialogues insipides, voire carrément cul-cul. Par exemple, il y a toute une séquence où les héroïnes discutent d’à quel point les puddings c’est bon, et ça revient régulièrement au fil de la progression. Je n’invente rien. Seule les quelques répliques qui se moquent elles-mêmes du jeu sont sympathiques, comme lorsque le dialogue s’éternise et que Neptune suggère de s’arrêter car le joueur n’aime pas les wall-of-text. J’aurais aimé voir ce genre de troll ironique bien plus souvent, ainsi le jeu aurait pu s’assumer entièrement comme une parodie. Finalement l’attachement du jeu vient plutôt  de ses héroïnes qui ont un côté très niais qui fonctionne légèrement, et heureusement nous allons voir que l’intérêt du jeu n’est pas là.

neptunia_rebirth1(25)Le scénario ne génère aucun suspens et verse dans le niais.

neptunia_rebirth1(29)L’ennemie principale est le summum du mauvais goût et du cliché.

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neptunia_rebirth1(33)L’humour est… pfff, laissez tomber.

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neptunia_rebirth1(11)Et il est dommage que les dialogues ne soient pas drôles car le jeu pullule de références et parodies plutôt bien vues, comme cet ennemi PS4 ou ce carton bavard qui rappellera un certain personnage connu.

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neptunia_rebirth1(19)Bon par contre les ennemis parodiques c’est bien joli mais du coup on se retrouve avec un bestiaire bien souvent ridicule.

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La guerre des consoles ? C’est fun !

Ce Neptunia ReBirth 1 se veut avant tout être un RPG dynamique et rapide, et ça marche bien. Si on écarte les dialogues sans grand intérêt, la progression invite le joueur à enchaîner les donjons et les ennemis à toute vitesse sans s’embêter avec des détails plombant le rythme. Ainsi la carte du monde ne propose que les 4 villes, lesquelles ne peuvent pas explorer et sont plutôt des sous-menus pour les boutiques/quêtes, et les donjons en très grand nombre. Ceux-ci sont relativement courts et pas très compliqués car proposant peu de chemins d’exploration. Tout est mis en œuvre pour ne pas perdre inutilement de temps et se focaliser sur les combats très énergiques. Et on a là le cœur du jeu : des affrontements passionnants. Car on a là un mixe très intéressant entre le système au tour à tour de Final Fantasy X et la gestion de l’espace et des placements d’un Tales Of. Il y a de cette façon un ordre d’action pour chaque personnage, et le choix du mouvement détermine si le prochain tour de ce combattant sera retardé ou non. Une fois qu’il peut attaquer, l’unité peut alors se déplacer dans un rayon limité, comme un Tactical-RPG, et diriger ses attaques qui toucheront un ou plusieurs ennemis selon la position de la case d’impact. Ça donne lieu à des combats bien plus tactiques qu’il n’y paraissent, car les adversaires peuvent faire de même et il faut donc éviter que les ennemis ciblent toutes les héroïnes à la fois avec une attaque. Le sens des priorités de coups et des placements sera essentiel, et en cas de coups dur on peut intervertir les combattantes avec leur duo s’il leur a été lié au préalable.

neptunia_rebirth1(6)Chaque arme et sort a une zone d’impact différente.

neptunia_rebirth1(24)Attaque plusieurs ennemis en même temps est la clé pour écourter au maximum les bastons et économiser ses forces, ce qui est nécessaire vu qu’il n’y a pas de récupération de vie et magie avant les boss.

neptunia_rebirth1(28)Les boss sont souvent énormes mais la caméra est fixée trop bas, ce qui empêche de bien les contempler. M’enfin bon je ne peux pas être mauvaise langue puisqu’au moins la visibilité est toujours optimale lors des bastons.

neptunia_rebirth1(32)Voici les 6 personnages bonus qui font des apparitions ponctuelles tout au long du jeu, pour être finalement tous dispos à la fin.

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Idiotes mais puissantes

Et ce qui fait tout le sel d’un bon J-RPG, c’est l’évolution progressive des possibilités d’action. Et là aussi cet Hyperdimension fait très fort grâce à des mécanismes de gameplay ajoutés au fur et à mesure de l’histoire pour varier les plaisirs mais surtout pour pouvoir affronter les ennemis qui deviennent rapidement très coriaces. On apprend alors très vite à dompter le système de combos qui se diviser en 3 types de coups : des attaques faibles mais qui font monter une jauge spéciale, des attaques moyennes qui font baisser la garde des ennemis, et des attaques puissantes qui sont surtout efficaces quand la garde a été réduite à zéro. Le jeu propose alors un nombre de points de capacités pour chaque personnage qu’on devra répartir entre chaque type d’attaque, de quoi choisir si on veut qu’une combattante soit plutôt spécialisée gros dégâts ou baisse de garde. Vient ensuite la fameuse jauge EX, laquelle sert soit à déclencher des attaques de fin de combos soit à balancer une grosse furie mais qui consommera l’entièreté de la barre. Mieux, les 4 héroïnes principale peuvent se transformer en déesses en échange de points de magie, boostant ainsi leurs statistiques, tandis que si vous prenez la peine d’approfondir leur relation en les liant par paires au fil des combats, il sera possible de combiner leurs furies. Autre fait très plaisant, à la fin de l’aventure on se retrouve aux commandes d’une dizaines de combattantes au style et caractéristiques différentes, de quoi se constituer sa propre dream team même si les 4 déesses restent les plus efficaces. Bref je ne vous fais pas tout l’inventaire des subtilités des mécanismes proposés mais il y a de quoi faire et les bastons n’en sont que plus jouissives.

neptunia_rebirth1(2)Les possibilités qu’offre le jeu sont nombreuses mais bien expliquées au fur et à mesure.

neptunia_rebirth1(5)Pour chaque type d’attaque, on peut dépenser des points pour différents combos. Un système bien pensé qui permet de spécialiser le rôle de chaque héroïne et de jouer avec les affinités élémentaires.

neptunia_rebirth1(14)N’hésitez pas à user et abuser des transformations qui ne coûtent pas grand chose comparé au gain de performance.

neptunia_rebirth1(18)Augmenter les relations entre héroïnes permettra de débloquer des bonus appréciables comme un boost d’XP lors de chaque combat.

neptunia_rebirth1(31)En plus des équipements normaux, les 4 déesses peuvent recevoir une grosse variété d’équipements pour leur transformation. La plupart propose autant de bonus que de malus donc il faut ajuster ça selon les ennemis à affronter. Autant dire que je ne me suis pas amusé avec ça et que j’ai vaguement équipé les pièces les plus avantageuses et ça a suffit pour terminer le jeu.

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L’art du copier/coller

En revanche, côté exploration le bilan est nettement moins glorieux puisqu’il faut noter l’absence totale de découverte car la carte du monde ne propose que les donjons (même pas de possibilité de visiter les villes) et ceux-ci si honteusement copiés/collés 4 ou 5 fois d’affilée en changeant à peine les ennemis et les objets… En toute franchise, je n’ai jamais vu autant de flemme dans un RPG et pourtant j’en ai vu des gros fainéants mais là on a atteint un tout autre niveau. Même au niveau des scènes narratives c’est d’une pauvreté assez affligeante puisqu’il n’y a presque jamais de séquences dynamiques et on doit se contenter de portraits légèrement animés comme les RPG à l’ancienne, lesquels sont quasiment toujours les mêmes. Ca ne s’arrête pas là puisque côté musiques c’est le même constat : sans mentir il doit y avoir 5 ou 6 musiques grand maximum qui tournent en boucle du début à la fin. Et elles sont ratées en plus. Heureusement pour lui, le jeu se rattrape une fois de plus de justesse en proposant de quoi entretenir l’attention du joueur grâce à la gestion de l’équipement (dont un système de craft de disques) et surtout un système de « remake » qui permet de modifier les objets d’un donjon déjà visité ou d’y ajouter de gros monstres costauds. Et bien entendu on trouvera toute la gamme des activités pour gonfler artificiellement la durée de vie, c’est à dire du New Game+ avec la possibilité d’atteindre le level 999 (ne paniquez pas, la fin du jeu se fait au level 70). Mais malgré tout ça et les 27 heures de jeux qu’il m’a fallu pour terminer l’aventure, je ne peux pas pardonner au jeu sa flemmardise.

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neptunia_rebirth1(16)Quitte à avoir la fainéantise de ne pas faire de scènes narratives en temps réel, ils auraient quand même pu proposer plus d’artworks. Ceux-ci se comptent sur les doigts d’une main…

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neptunia_rebirth1(15)Les portraits légèrement animés et les fonds d’écran sont réussis mais désespérément répétitifs.

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Non mais regardez-moi la taille de ce donjon, c’est ridicule. Et parfois ils osent aller encore plus loin en ajoutant une porte au bout qui amène à une seconde partie… IDENTIQUE !

neptunia_rebirth1(30)Les gros fanboys pourront s’amuser à personnaliser leurs héroïnes avec tout un tas d’habits, lesquels ne seront visibles que lors des phases de gameplay bien entendu.

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Rangez-moi cette carte du monde !

Non vraiment, je dois insister là-dessus : le cœur du jeu reste ses combats funs et dynamiques. Ils invitent à tabasser toujours plus de monstres et en particulier les plus puissants car le jeu ne vous fera pas de cadeau ; si vous n’êtes pas fans de leveling vous ne serez clairement pas les bienvenus car la progression a de temps en temps des pics de difficulté assez aberrant. Je retiens ce passage en plein milieu du jeu qui nous impose 2 donjons et 3 gros boss bien difficiles les uns après les autres sans sauvegarder. Autant dire qu’après un Game Over bien rageant j’ai dû me résigner à aller revisiter les lieux antérieurs en accomplissant des quêtes à foison, et me blinder d’objets de soins car la plupart des combats de boss ne peuvent être réussis sans un bon stock de consommables. Le plus pénible est que la carte du monde devient rapidement un gigantesque foutoir avec des dizaines de donjons mais aucune indication de ce qui est trop difficile ou trop facile, car bien souvent on se retrouve dans l’un d’entre eux avec des ennemis basiques en mousse, accompagnés de monstres spéciaux qui vous tabassent en un coup. Dans le même genre, je reproche aux quêtes de ne pas être assez explicites sur l’emplacements des objectifs, ce qui est légèrement problématique pour celui qui cherchera à obtenir la vraie fin du jeu qui ne se déclenche que si les 4 territoires des déesses ont un degré d’influence (gagné via les quêtes) supérieur à 20%, et que l’ennemi est à 0%. Lot de consolation, il y a très vite possibilité de débloquer un mode facile (ou hardcore pour les masochistes) sans aucune pénalité si vraiment tout ça vous énerve, mais si c’est le cas autant éviter ce jeu…

neptunia_rebirth1(21)Chaque zone propose son lot d’ennemis spéciaux qui sont beaucoup plus forts que la normale. Cela donne une raison de revenir dans les vieux donjons pour les affronter une fois qu’on a le bon niveau.

neptunia_rebirth1(22)Difficile de s’y retrouver pour les quêtes annexes…

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Belles mais prudes

Dernier point, le jeu original était sorti sur PS3 tandis que ce remake a d’abord été exclusif à la PS Vita avant d’être porté sur PC. Alors évidemment sur les grosses machines de guerre il n’y a pas de quoi être fier, mais sur Vita la qualité visuelle du titre est très impressionnante pour ce support et ça ne rame pas, c’est au moins ça de gagné. Ça me fait d’autant plus râler qu’il y ait si peu de décors à découvrir ou que les modèles 3D des héroïnes ne soient pas utilisés dans des scènes cinématiques, comme expliqué plus haut, car par exemple les scènes de furies en plein combat sont superbes et très dynamiques. Un beau moteur sous-exploité donc. Quant à la qualité des artworks, c’est très correct et plaisant à regarder mais hélas très peu nombreux donc on s’en lasse rapidement. Oh et puis pour ceux que ça intéresse il y en a quelques-uns très légèrement coquins mais de manière très soft et à peine évoqué, c’est purement pour titiller les fans, sans plus (on est à des kilomètres du mauvais goût de Senran Kagura).

neptunia_rebirth1(1)Cette scène d’intro pré-calculée sur le moteur du jeu sera la seule de toute l’aventure et ils l’ont faites volontairement classe, voilà un bon moyen de tromper le client…

neptunia_rebirth1(10)La modélisation des personnages a bénéficié d’un soin tout particulier et ça au moins ça fait plaisir.

neptunia_rebirth1(9)Ma préférence va bien sûr à Vert, pas besoin de vous faire un dessin :3 !

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Les attaques spéciales sont magnifiques et très bien mises en scène, de quoi regretter amèrement que la narration ne suit pas ce dynamisme.

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neptunia_rebirth1(13)Graphiquement le jeu est très propre et agréable pour de la PS Vita. Sur PC en revanche je ne vois pas l’intérêt… à part pour certains mods, si vous voyez ce que je veux dire.

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Le bilan est donc très mitigé pour ce jeu qui se veut déjà être une version sensée être améliorée et enrichie de sa première édition. Pas d’histoire intéressante et beaucoup de flemme dans la programmation en sont finalement les maîtres mots. Pourtant en forçant un peu j’ai petit à petit accroché à cet univers incohérent et ses héroïnes idiotes mais finalement attachantes. C’est en tous cas assez dingue de voir que le jeu est littéralement porté à bout de bras par son système de combat, sans ça on passait de jeu « acceptable » à « mauvais ». Donc voilà, j’ai terminé l’aventure et je compte passer à la suite en croisant fort les doigts pour que la sauce s’améliore, mais il faudra que ce soit radical sinon ma patience finira par atteindre ses limites, fan de J-RPG ou pas.

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Source des screenshots : Réalisés moi-même sur ma PS Vita

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2 réponses à “Hyperdimension Neptunia Re;Birth1, juste pour l’action

  1. Je ne connaissais pas cette saga, merci de me la faire découvrir.
    Par contre, vu la masse de jeux que j’ai à finir et ce que tu en dis, pas sûr que je m’y mette tout de suite.

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    • C’est sûr qu’il y a mieux à faire avant ça, mais j’espère que les épisodes suivants vaudront l’investissement en temps, là c’était pas déplaisant mais pas mémorable non plus.

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